La joie n'est pas partie, elle est voilée.

Lorsque l’on vit dans un monde intérieur baigné dans la tristesse et la mélancolie, la nostalgie, il nous est impossible de percevoir, d’entrevoir un autre possible.

On pense que la joie nous a quitté à jamais. On va même jusqu’à en oublier l’existence.  

Pourtant, la joie n’est pas partie : elle s’est voilée.

Les circonstances de la vie, les deuils non faits, les lourdes séparations qui nous ont blessées, génèrent leur lot de voiles. À mesure que le temps passe, les blessures s’enfoncent, voilées mais pourtant la joie ne revient pas. 

On dit toujours, lorsque l’on vit un évènement qui nous touche profondément, que le temps fera son oeuvre. Mais force est de constater qu’il n’en est rien.

La blessure est toujours là mais le système s’est organisé pour se maintenir en place, pour survivre. Les voiles sont actifs et recouvrent le tout : blessures mais … joie également. 

Alors comment faire pour que la joie revienne ?

Enlever les voiles. Les ôter en les identifiant. Non pas en allant chercher leurs causes mais en décelant leur présence. 

En les identifiant.

En les nommant. 

En prenant conscience de la fonction de protection, de survie, qu’ils ont assuré, pour nous, pour notre système.

En les remerciant d’avoir été là et en leur demandant de se retirer.

Lorsque le voile se lève, la magie opère.

La joie ne revient pas.

Elle se révèle parce qu’elle n’est jamais partie.

Elle est toujours restée là mais elle était voilée.